Le tourisme de demain sera durable ou ne sera pas !

5 idées à retenir des Universités du Tourisme Durable 2020

1 – Le tourisme durable ne devrait plus être considéré comme une filière 

Dans un monde idéal, les Universités du Tourisme Durable n’existent pas. Elles pourront disparaitre lorsque le tourisme sera naturellement durable (elles ont donc encore quelques belles années devant elles !). Une des étapes à cette transformation de fond consiste dès à présent à ne plus considérer le tourisme durable comme une filière, une niche, un positionnement mais plutôt comme une méthode, un outil permettant de questionner au quotidien notre offre, nos pratiques

Un Français produit en moyenne 11 tonnes de CO2 par an. Ce chiffre devrait être réduit à 2 tonnes si l’on souhaite enrayer le réchauffement climatique. Il s’agirait donc que chaque professionnel, à la hauteur de ses moyens, puisse intégrer dès maintenant et sur le long terme certains réflexes afin que son offre touristique produise le moins possible de gaz à effet de serre tout en veillant à rester économiquement viable et accessible au plus grand nombre.

2 – Ne pas oublier la dimension sociale de la durabilité

Lorsque l’on parle de tourisme durable, le raccourci vers le tourisme de nature est souvent vite fait. Or, partir dans un gîte en plein milieu de la montagne avec piscine chauffée, Spa et champagne ne correspond pas réellement aux valeurs défendues dans ce concept de durabilité. De plus, le volet social de la durabilité est souvent mis de côté au profit des actions liées à l’environnement. Pour rappel, seulement 15 % de la population mondiale a déjà pris l’avion. 

Lors de ces rencontres, François Gemene (spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement) nous questionnait sur deux aspects de la durabilité dans le voyage : 

  • Doit-elle permettre à davantage de personnes de voyager ? Et dans ce cas, quel impact sur l’environnement ? Et, parallèlement, de quel droit pourrions-nous dire à ces nouveaux voyageurs que c’est un mauvais geste pour la planète alors même que les pays occidentaux ont pu profiter allègrement de cette liberté de mobilité ?
  • L’utilité sociale du voyage est-elle prise en compte lorsqu’on calcule l’empreinte carbone d’un déplacement ? A notre échelle, je vous laisse comparer les deux cas de figure suivants et vous faire votre propre idée : un voyage d’une personne qui se déplace en voiture pour découvrir lors d’un weekend un mode de vie qui lui permettra une fois de retour chez lui de changer profondément ses habitudes n’a-t-il pas une valeur sociale plus forte qu’un weekend shopping, en train, dans la capitale ?

3 – Viser de nouvelles clientèles nécessite des ajustements

Lors de cette saison estivale, la fermeture des frontières puis les craintes des voyageurs de partir dans des destinations lointaines ont bouleversé la composition des typologies de touristes sur les destinations. Ainsi, les Français qui sont partis en vacances l’ont fait à 94% en France. Les territoires et les acteurs touristiques ont alors fortement plébiscité la clientèle de proximité mais également cherché à accueillir des voyageurs qui n’avaient pas pour habitude de partir en France. Or, lors de ces Universités, le Président de la Fédération Nationale de l’Hôtellerie de Plein Air a fait le constat que les campings (pas tous, c’est certain !) n’étaient pas toujours prêts à accueillir ces nouvelles clientèles. Elles n’avaient pas les codes du camping (pas de fourniture du linge de lit par exemple) et dès lors, on peut imaginer que certaines situations aient pu créer des frustrations.

Ainsi, attirer de nouvelles clientèles pour faire face à la crise sanitaire est une stratégie tout à fait logique, mais il faut impérativement se questionner sur les habitudes de cette clientèle (de la même manière qu’on peut le faire avec la clientèle étrangère par exemple) : 

  • Un client de proximité souhaitera-t-il qu’on lui préconise les « incontournables du territoire » ?
  • Un client parisien qui tente l’expérience d’un séjour pleine nature gardera-t-il ses réflexes urbains (ouverture des commerces de proximité à toute heure par exemple) ?
  • Un client qui n’est jamais parti à la montagne disposera-t-il de tous les codes nécessaires pour décrypter le territoire, ses modalités de découverte mais aussi ses dangers ?

4 – L’enfer est pavé de bonnes intentions 

L’exemple ci-dessous résume bien notre titre en une image :

N’a-t-on pas pour habitude de dire « c’est l’intention qui compte » ? Dans certains cas, cet adage ne fonctionne pas. Et c’est le cas lorsqu’on cherche par exemple à rendre son offre touristique plus éco-responsable.

En effet, lors d’un atelier sur l’utilisation du plastique dans le tourisme, l’un des points marquants était d’alerter sur les fausses bonnes idées que nous pouvons tous, à un moment donné, avoir.

A titre indicatif, 40 % du plastique produit est à usage unique. Parmi les alternatives récurrentes, on retrouve le gobelet en carton. Or, ce dernier est un exemple de fausse bonne idée car il ne sera pas totalement recyclé (couche de plastique à l’intérieur), contrairement au gobelet en plastique.

Comment s’engager nous demanderez-vous ? Commencez par réaliser un audit des produits que vous utilisez dans une chambre ou un gîte, en indiquant le coût et la quantité utilisée. En fonction, cherchez des alternatives pour chacun (quelques ressources sur ce sujet). On estime un surcoût de 10-15 % en année 1 et un retour sur investissement dès l’année 2.

5 – Pourquoi les Greenwasheurs communiquent mieux que les acteurs engagés ?

Les grandes entreprises dont l’impact sur l’environnement est facilement identifiable communiquent régulièrement sur les actions, notamment de compensation, qu’elles mettent en œuvre. Pour autant, peut-on dire que ce sont des acteurs écoresponsables ?

A l’inverse, de nombreuses petites structures touristiques déploient des initiatives très intéressantes sans le faire savoir. Il nous arrive régulièrement d’entendre de la part de nos porteurs de projet le souhait d’intégrer une démarche éco-responsable tout en faisant en sorte que celle-ci soit invisible pour le client. Or, les vacances sont une excellente fenêtre de tir pour transformer les pratiques des touristes grâce à une nouvelle expérience. Nul besoin d’écrire un livre de chevet pour vos clients, vous pouvez tout simplement expliquer votre démarche, votre philosophie de vie appliquée à votre offre touristique sur votre site Internet, donner à voir vos bonnes pratiques et astuces sur vos réseaux sociaux et échanger avec vos clients une fois sur place. 

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Charlotte Genet
Après avoir dirigé plusieurs offices de tourisme et participé activement à l'accompagnement de porteurs de projets touristiques dans la région bordelaise, j'ai intégré l'équipe de Guest & Strategy en 2020 ! Je m'investis dans ce nouveau projet pour apporter cette double vision (institutionnels et prestataires touristiques) !

    un commentaire

  • Merci pour ce résumé sur le Tourisme durable. Il m’a permis de voir autrement notre démarche touristique, de la replacer dans un contexte plus large et plus  » politique ». Nos convictions se révèlent être des stratégies. Merci.
    Maison d’hôtes Ecotouristique DorDinAire 37460

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